Mercredi 21 mars 2007 3 21 /03 /Mars /2007 00:00

Selon l'institut de conjoncture COE-Rexecode, seules les propositions sur le travail de Nicolas Sarkozy permettraient de créer de l'emploi et de la croissance, tandis que les propositions du PS et de l'UDF auraient un impact économique négatif.

La guerre des chiffres change de terrain. Après le coût des programmes, place à l'impact économique des propositions des candidats. COE-Rexecode, institut de conjoncture proche des milieux patronaux, a mesuré l'effet sur la croissance et l'emploi des mesures relatives au travail proposées par François Bayrou, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. Ses conclusions sont « un ordre de grandeur », précisent ces économistes, mais elles sont clairement à l'avantage du candidat UMP. Selon COE-Rexecode, sa proposition d'exonérer de charges fiscales et sociales les heures supplémentaires serait la plus à même de restaurer la compétitivité française. En allégeant le coût du travail et en soignant le pouvoir d'achat, elle aurait des « effets directs forts » sur l'offre et la demande de travail et permettrait la création directe de « 120.000 emplois et 60.000 «équivalents emplois» sous forme d'allongement du temps de travail ». Le gain de croissance annuelle est évalué à 1,3 %.

Cette proposition est jugée plus pertinente que celle, concurrente, de François Bayrou, qui préconise une hausse de 35 % de la rémunération des heures supplémentaires (presque sans charge sociale). De fait, cette formule revaloriserait pour le salarié la rémunération nette des heures supplémentaires de 12 % (contre 45 % dans la formule Sarkozy) et réduirait pour l'employeur le coût de ces heures de 17 % (contre 26 % dans la version Sarkozy). La suppression des charges sociales sur deux futures embauches proposée par l'UDF ne créerait de son côté que 90.000 emplois, « ce qui est faible au regard de son coût » (7,4 milliards d'euros). [...]

Mais, surtout, le programme centriste serait victime de sa volonté de ménager la chèvre et le chou. L'effet positif de ces deux premières mesures, inspirées des politiques de droite, serait ainsi contrecarré par l'impact « très négatif » de sa proposition, plus marquée à gauche, de concentrer les allégements de charge sur les salaires inférieurs à 1,3 SMIC. En relevant fortement le coût du travail non qualifié, cette mesure « détruirait 230.000 emplois », estime COE-Rexecode. L'impact cumulé des trois mesures « travail » du candidat UDF serait négatif sur la croissance (- 0,2 point l'an) et sur l'emploi (- 60.000).

Le jugement porté sur le programme de Ségolène Royal est encore plus critique. La hausse du SMIC jusqu'à 1.500 euros entraînerait la perte de 50.000 emplois, la suppression du CNE, celle de 30.000 postes. Et COE-Rexecode estime que l'addition serait trois fois plus lourde en cas d'extension des 35 heures à toutes les entreprises. Quant à la création de 500.000 nouveaux emplois tremplins, « le prélèvement fiscal nécessaire pour les financer détruira des emplois privés ». [...]

(Source : lesechos.fr)

Par Christophe Durand - Ecrire un commentaire
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