Comme le relataient les médias ce matin, cette cérémonie du 11 Novembre a eu une tonalité différente. Pour la première fois, les commémorations de l'Armistice de la Guerre de 14-18 ont eu
lieu sans qu’aucun poilu puisse encore témoigner, par sa parole ou par sa présence. Le dernier, Lazare Ponticelli, est mort en mars dernier, et une partie de la mémoire de la Grande Guerre avec
lui.
Et si ce 90e anniversaire de l'Armistice résonnait ce matin comme un "hymne à la
réconciliation européenne", je pense qu’il est encore trop tôt pour instaurer un jour férié commun à l’ensemble des pays de l’Union Européenne. Même si le 9 mai, dans le cadre de la Journée de
l’Europe, pourrait également être un moment du souvenir de notre Histoire européenne commune.
Car le 11 Novembre est devenu l'occasion de questionner et donner à comprendre notre histoire nationale. Ce jour de mémoire permet d'évoquer régulièrement un épisode particulier de la Grande Guerre :
- en 1989, la Grande Guerre et la mémoire de la Révolution française ;
- en 1992, les troupes coloniales dans la Première Guerre Mondiale ;
- en 1998, la contribution des Alliés ;
- en 2003, le 80e anniversaire du premier allumage de la Flamme du souvenir par André Maginot ;
- en 2004, le début de la Guerre et la victoire de la Marne ;
- en 2006, Verdun ;
- et cette année, l’Europe.
En plein débat sur l’inflation des commémorations, cette cérémonie garde aujourd'hui tout son sens car
elle est l'occasion de rendre un hommage concret aux combattants pour que ne sombrent pas dans l'oubli les sacrifices et les souffrances de toute une génération.
Il importe à cette occasion de faire de la jeunesse l'héritière des valeurs qui ont été défendues, même si malheureusement, et c’était encore le cas ce matin à Montigny, les jeunes générations n’étaient que trop peu présentes au monument aux Morts.
Derniers Commentaires